24 octobre

QUAND LA DISCRIMINATION POSITIVE EST « EN MARCHE » A LA CHANCELLERIE…

Ainsi, comme le révèle la Presse -et, comme ne le dément pas Mme Belloubet, même si elle cherche à donner du fait une présentation moins choquante-, la Chancellerie entend moduler les annonces relatives à la suppression de postes de juges d’instruction en fonction de la position électorale des candidats de la « République en marche » aux prochaines municipales…

                On aura rarement vu subordonner avec un pareil cynisme l’organisation de la justice aux intérêts électoraux d’une formation politique : envisager ainsi de priver, avant le vote, les acteurs du monde judiciaire –pourtant directement concernés dans leur situation personnelle autant que dans leur cadre institutionnel-, comme les citoyens en cause –pour qui la question du maintien des services publics est toujours d’une grande sensibilité-, d’une information essentielle touchant l’avenir de leur collectivité, aux seules fins de ne pas pénaliser les chances de succès des représentants de cette formation, c’est, avec cette forme de « discrimination positive » électoraliste, falsifier l’expression du suffrage ; et, c’est, à l’égard de tous, témoigner d’un profond mépris.

                Si l’on ne peut jamais attendre d’un garde des sceaux, responsable politique parmi d’autres au sein du Gouvernement, une parfaite neutralité, du moins, doit-on exiger de lui -parce qu’il est le gestionnaire d’une institution, la justice, dont la position est tout à fait singulière dans l’Etat, par son statut d’indépendance et sa mission d’impartialité-, un minimum de réserve, et, une élémentaire décence démocratique pour ne pas polluer l’exercice de sa fonction par des manifestations de favoritisme partisan –surtout quand elles sont aussi grossières !

                Il est impératif, maintenant, que les modifications de la carte judiciaire se fassent dans une totale transparence et sur des critères exclusivement objectifs, ne prenant en compte que l’intérêt général, et, qui soient complètement détachés du calendrier électoral : puisque la ministre parle d’ « acceptabilité » de ses décisions, la première condition est bien qu’elles soient prises dans des conditions de nature à susciter la confiance publique, plutôt qu’à faire naître les pires soupçons !

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