26 mars

PRISONS : LE GRAND DECONFINEMENT

On s’y attendait, on l’avait prédit : c’est donc fait ! S’empressant de céder à l’appel de diverses organisations militantes, Mme Belloubet vient –on imagine avec quelle jubilation intérieure-, d’annoncer que, par ordonnance prise dans le cadre de l’ « état d’urgence sanitaire » et « pour éviter la propagation de l’épidémie » (sic), le Gouvernement allait libérer 5 000 détenus.

Feront exception, les terroristes et les auteurs de violences conjugales –ainsi mis sur le même pied… : chacun ses échelles de valeur.

Il serait évidemment bien naïf de penser que ce « délestage » changera significativement la situation sanitaire des établissements pénitentiaires : le risque de contamination de ceux qui restent n’en sera pas affecté en quoi que ce soit ; en revanche, si, parmi les libérés, il y avait des porteurs du virus, c’est à la population générale, alors, que l’on ferait courir un risque supplémentaire…

Tout donne à penser, en outre, qu’une fraction notable des intéressés, compte tenu de leur psychologie antisociale et de leur mode de vie habituel, seront réfractaires aux mesures de confinement imposées au reste de nos concitoyens –et, d’autant plus, qu’après avoir été soumis au confinement carcéral, ils éprouveront, comme il est courant, le besoin de « se défouler » : c’est donc par là un risque sanitaire accru que l’on fait ainsi peser sur les autres !

Et, en même temps, c’est un risque sécuritaire : aubaine pour les bénéficiaires, ces libérations vont permettre au moins à une partie d’entre eux de reprendre plus tôt et plus vite, leurs activités de prédation –et, à plus forte raison, dans un contexte de crise économique, qui, de toute façon, ne peut que compliquer leur réinsertion.

Dicté par l’idéologie anti-carcérale, tout en étant destinée à apaiser les craintes du personnel pénitentiaire, c’est donc, à tous égards, une mesure irresponsable et un détournement du blanc-seing que le Parlement a donné à l’exécutif.

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