04 avril

Pour E. Macron, défense de se défendre !

En déplacement à Fouras, en Charente-Maritime, le 31 mars dernier, le candidat-président Emmanuel Macron a froidement déclaré sur Europe 1, pour commenter une affaire récente dans la région (un agriculteur poursuivi pour meurtre après avoir tiré sur un cambrioleur) : "Chacun doit avoir la sécurité et c'est le devoir de la puissance publique de l'assurer. Mais, je suis opposé à la légitime défense. C'est très clair et c'est intraitable parce que sinon, ça devient le Far West. Et je ne veux pas d'un pays où prolifèrent les armes et où l'on considère que c'est aux citoyens de se défendre."

Depuis son entourage –évidemment fort embarrassé par une aussi ahurissante déclaration-, se démène pour expliquer qu’il n’a pas vraiment voulu dire ce que tout le monde a pourtant parfaitement pu entendre… : il faudrait comprendre qu’il était seulement contre… « la présomption de légitime défense » -ce qui, en fait, est à peu près tout aussi provocateur et insensé ! (le pavé de l’ours…) ; ou qu’il ne voulait viser que l’ « autodéfense »… : mais qui peut croire que quelqu’un, à ce niveau de responsabilité (et qui n’a pu manquer d’être pleinement informé par ses collaborateurs sur ce dossier qui soulevait beaucoup d’émotion sur place et au-delà : c’est le B-A BA de la préparation d’un voyage présidentiel…), puisse, à ce point, commettre pareille confusion et ignorer le sens des mots qu’il emploie ?!

Il paraît évident qu’en la circonstance, comme en bien d’autres, il n’y a eu là que la volonté d’être « disruptif » et de prendre le contre-pied d’une attitude « sécuritaire » qu’il exècre au fond de lui-même, comme « populiste » et tellement étrangère à son microcosme idéologique : c’était le cri du cœur ; et toutes les laborieuses explications de texte n’y changeront rien.

Voilà donc que, pour le « premier magistrat de la République » et qui aspire à le rester, les citoyens n’auraient pas à se défendre quand ils sont agressés, dans leurs personnes ou dans leurs biens –et qu’ils ne devraient même pas, comme le code pénal le prévoit pourtant en toutes lettres à l’heure actuelle dans certains cas, pouvoir bénéficier d’une présomption favorable…

On imagine que l’actuel garde des sceaux n’aura pas manqué de se mettre au travail avec ses équipes –si ce n’était pas déjà fait auparavant-, pour mettre en musique législative une volonté présidentielle aussi « claire et intraitable » : les Français sont prévenus de ce qui peut les attendre ; à eux de dire si c’est ce qu’ils souhaitent…

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