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  • POLICE : L’INSURRECTION DU MEPRIS vendredi, 12 juin 2020
    Aucun soldat n’accepterait de monter au front pour s’y faire tuer sous les ordres de généraux antimilitaristes, de cœur avec l’adversaire, qui afficheraient leur mépris pour le sacrifice de leurs hommes et s’appliqueraient à les désarmer…
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                L’éviction de Mme Belloubet de la Chancellerie sanctionne, à juste titre, un parcours dont on ne retiendra que la honteuse mise en sommeil de la justice sous prétexte de la crise sanitaire –comme si elle ne faisait pas partie des services publics essentiels qui devaient continuer à fonctionner, coûte que coûte : considérable effondrement symbolique, et, perturbation majeure, qui va longtemps hypothéquer le fonctionnement d’une institution déjà confrontée à un dramatique manque de moyens, au détriment des justiciables ; on a pu, à cette occasion, mesurer la dérisoire boursoufflure verbale d’un discours officiel, qui s’est fracassé sur la réalité tangible des carences matérielles –notamment, informatiques-, de services en déshérence…

                On en retiendra, aussi, la constance dans les errements d’une politique pénale dans le droit fil de celle qu’incarnait Mme Taubira ; qui a trouvé son accomplissement avec la plus importante libération de détenus depuis 1981, sous le prétexte totalement artificiel de la crise sanitaire (alors que ce n’est pas la surpopulation carcérale, par elle-même, qui créait le danger épidémique, mais, l’éventuelle introduction du virus en prison –laquelle ne s’est pas produite…).

                Son remplacement, aux allures de « gadget » médiatique destiné à « faire le buzz », par un avocat affamé de notoriété, qui a, si souvent, témoigné de son hostilité au corps judiciaire –sans répugner, à l’occasion, à la grossièreté dans l’expression-, apparaît comme une véritable provocation ; c’est aussi, prendre le risque d’exposer gravement le crédit de la justice : comment croire à la moindre distanciation possible, dans l’exercice de ses compétences ministérielles, de la part de quelqu’un d’aussi marqué, par rapport à sa culture de ténor du barreau, comme par rapport aux dossiers de ses propres clients ?! C’est une lourde erreur d’appréciation que, sans nul doute, le Président de la République et son Premier Ministre ne vont pas tarder à regretter –et, en tout cas, un mauvais coup pour l’autorité judiciaire.    

Rien n’est plus « délétère » -pour reprendre le terme utilisé récemment par Mme Belloubet pour justifier la saisine du Conseil supérieur de la magistrature par M. Macron après les déclarations de l’ex-procureur national financier, Mme Eliane Houlette-, que le virus du soupçon quand il frappe une procédure judiciaire, faisant naître la polémique sur l’impartialité des décisions intervenues –et, donc, altérant le crédit même de l’institution et la confiance des citoyens.

Aucun soldat n’accepterait de monter au front pour s’y faire tuer sous les ordres de généraux antimilitaristes, de cœur avec l’adversaire, qui afficheraient leur mépris pour le sacrifice de leurs hommes et s’appliqueraient à les désarmer…