29 juin

ON NANTERRE PAS LA POLICE ! ou REFUS D’OBTEMPERER A L’HYSTERIE ANTI-POLICIERE

On assiste, depuis le décès d’un jeune délinquant -coutumier, semble-t-il, des refus d’obtempérer, entre autres méfaits-, au déchaînement d’une véritable hystérie anti-policière dans certains milieux, complaisamment relayée par certains organes d’information et cautionnée par l’attitude et les propos indignes autant qu’ irresponsables d’une partie de la classe politique et des plus hautes autorités de l’Etat -jusqu’à l’Assemblée nationale, qui aura cru ainsi devoir rendre au défunt un hommage exceptionnel que bien des victimes du crime, policiers, gendarmes et autres citoyens, eussent amplement mérité aussi…

En prenant position sur le fond d’un dossier en cours d’instruction par la Justice, avec des propos catégoriques préjugeant de la conclusion définitive des investigations, le Président Macron et sa Première ministre -pour ne citer que les têtes de l’exécutif-, ont ainsi foulé au pied à la fois la présomption d’innocence des policiers mis en cause et la séparation des pouvoirs, en exerçant par là une pression morale « inexcusable » sur la magistrature. Et, ce qui n’est pas moins grave -et gros des conséquences ravageuses immédiates dont on a pu voir aussitôt les pires manifestations-, ils ont ainsi légitimé les réactions d’indignation et d’hostilité envers l’institution policière, pilier d’un Etat qu’ils ont, temporairement, la charge de conduire et défendre.

Le signal a ainsi été parfaitement reçu sur le terrain par les milieux acharnés à combattre l’autorité de l’Etat et tout ce qui, à leurs yeux, symbolise et représente un pays qu’ils exècrent et tiennent pour étranger ou hostile, avec les habituelles émeutes où l’on voit les forces de l’ordre agressées, tandis que sont attaqués, dégradés ou saccagés équipements publics et biens privés ; avec, bien souvent, derrière le prétexte du moment, une dimension communautariste et/ou mafieuse, en vue de préserver l’emprise sur un territoire pour y faire régner un ordre affranchi des lois de la République…

La justice dira, en fin de compte, si le geste mortel du policier en cause -dont on évoque les antécédents favorables-, a manqué aux exigences posées par les textes en vigueur -notamment, par excès de précipitation, défaut d’adresse ou de précaution, dans une circonstance où, comme bien souvent en pareil cas, tout se joue en une fraction de seconde et où le risque, pour l’agent de la loi, devant un véhicule qui ne s’arrête pas ou redémarre en trombe, peut être mortel, comme l’expérience l’a suffisamment montré.

A cet égard, le législateur, dans son fauteuil, peut faire des textes savamment équilibrés et calibrés pour concilier tous les intérêts légitimes en cause, tels, d’un côté, la protection de la société et, de l’autre, l’intégrité physique des personnes même quand elles sont en délicatesse avec la loi : mais, dans la vraie vie, confrontés en permanence à la violence et à des réactions imprévisibles, en butte, de la part de certains milieux et dans certains territoires, à l’hostilité ambiante à leur égard, les membres des forces de l’ordre ont une mission particulièrement difficile qui appelle le respect et la compréhension.

Si l’on doit exiger d’eux un professionnalisme sans faille -et, d’abord, tout faire pour le favoriser, notamment par la formation et l’encadrement-, on doit aussi prendre en compte les difficultés qu’ils rencontrent -et ne pas renverser les rôles : un policier ou un gendarme qui est dans l’exercice de sa fonction en voulant contrôler ou maitriser une personne qui lui apparaît violer la loi, doit être tenu, a priori, pour être dans son droit ; et, s’il n’y a eu de sa part, qu’une mauvaise appréciation des circonstances et de la réaction appropriée, sa responsabilité doit être évaluée à la lumière de cette situation préalable et non dans l’absolu, comme ce peut être le cas avec une personne « ordinaire » ; à cet égard, la qualification, par exemple, d’homicide volontaire, quand il n’y a eu qu’un réflexe excessif et mal adapté aux circonstances, n’est pas adéquate : on est bien plus dans une situation « accidentelle », se rapprochant de l’infraction praeterintentionnelle (exclusive de l’intention de donner la mort, quand bien même cela a été le résultat de l’acte)…

A cet égard, la référence au cadre de la légitime défense est souvent inappropriée : il faudrait un texte spécifique. Et, en tout cas, pas pour interdire tout usage d’arme à feu, comme le préconisent certains furieux : ce serait reconnaître, dans les faits sinon dans le droit, un permis de refus d’obtempérer !

Il appartenait aux dirigeants du pays de faire preuve de sang-froid et de lucidité pour ne pas alimenter ainsi un discours suicidaire pour la paix publique et le maintien de l’Etat de droit : ils ont préféré céder à la panique, tétanisés par la crainte d’émeutes en retour, croyant naïvement qu’en s’aplatissant d’avance de cette façon, ils pourraient les prévenir : ils les ont, en réalité, encouragées !

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