img01

Prévenu Dupond-Moretti Éric

C'est un fait sans précédent : le ministre de la justice est poursuivi, alors qu'il est encore en fonction, devant la Cour de justice de la République, pour une « prise illégale d'intérêt » ; ce qui recouvre, en fait, le reproche d'avoir utilisé ses fonctions pour régler des comptes de l'avocat qu'il était jusque-là avec certains magistrats.

 

Le Président de la République et le Premier ministre n’avaient, manifestement, pas pris la mesure du haut le cœur de la magistrature -toutes tendances confondues, ce qui n’est pas si fréquent !-, devant un tel cynique dévoiement de ses pouvoirs, avec la crainte  -qui ne pouvait apparaître que trop fondée, eu égard à la hargne et au mépris que cet « auxiliaire de justice » avait montré tout au long de sa carrière professionnelle, médiatique et théâtrale-,  que ce ne fût là que le début d’une entreprise visant à démoraliser et terroriser l’ensemble du corps judiciaire pour mieux le soumettre.

La justice spécialisée des membres du Gouvernement dira si le prévenu Dupond-Moretti Éric s’est rendu ou non juridiquement coupable des faits qui lui sont reprochés ; il est certain, en tout cas, que sur le terrain de la simple éthique, la cause semble d’ores et déjà entendue, et, à cet égard, la mesure d’exception adoptée en catastrophe pour tenter de former un « cordon sanitaire » autour de l’actuel titulaire des sceaux, avec le décret qui transfère une partie de ses pouvoirs au Premier ministre –ce qui ne s’est jamais vu, alors que de nombreux autres avocats ont précédé leur confrère, Place Vendôme-, a les allures d’un aveu de la peur qu’ il inspire d’un abus de sa fonction…

D’autres en auraient déjà tiré la conclusion naturelle.

Car, il reste que, nonobstant la présomption d’innocence, cette situation inédite soulève une sérieuse question institutionnelle : celui qui est supposé être le gardien de la loi en France –et, à ce titre, le chef de ceux qui en requièrent l’application auprès des juges-, se retrouve maintenant en porte-à-faux, accusé d’avoir lui-même bafoué cette loi et contraint d’en répondre devant ses juges… Singulier « conflit d’intérêts » ! Dans certaines démocraties, sans doute plus soucieuses du respect pour les fonctions d’Etat, la question n’aurait même pas lieu d’être posée : une démission immédiate fût intervenue.

Dernières publications

Adhérez à l'APM

RGPD

Paramétrages de cookies

×

Cookies fonctionnels

Ce site utilise des cookies pour assurer son bon fonctionnement et ne peuvent pas être désactivés de nos systèmes. Nous ne les utilisons pas à des fins publicitaires. Si ces cookies sont bloqués, certaines parties du site ne pourront pas fonctionner.

Mesure d"'"audience

Ce site utilise des cookies de mesure et d’analyse d’audience, tels que Google Analytics et Google Ads, afin d’évaluer et d’améliorer notre site internet.

Contenus interactifs

Ce site utilise des composants tiers, tels que NotAllowedScript67eef7fc54f29ReCAPTCHA, Google NotAllowedScript67eef7fc54de1Maps, MailChimp ou Calameo, qui peuvent déposer des cookies sur votre machine. Si vous décider de bloquer un composant, le contenu ne s’affichera pas

Réseaux sociaux/Vidéos

Des plug-ins de réseaux sociaux et de vidéos, qui exploitent des cookies, sont présents sur ce site web. Ils permettent d’améliorer la convivialité et la promotion du site grâce à différentes interactions sociales.

Session

Veuillez vous connecter pour voir vos activités "!"

Autres cookies

Ce site web utilise un certain nombre de cookies pour gérer, par exemple, les sessions utilisateurs.

Please publish modules in offcanvas position.