Un principe fondamental de notre droit est celui de l’indisponibilité de l’état des personnes, parce que l’identité du sujet de droit est, par définition, ce qui le distingue de tous les autres : c’est l’expression même de la reconnaissance, par le corps social, de son existence, avec tous les effets qui y sont attachés ; il revient donc à la société -et non à l’individu lui-même-, de déterminer les éléments caractéristiques de cette reconnaissance, de manière aussi objective que possible.
« Ainsi s’affermit le pouvoir judiciaire dont dépendent à tant d’égards la condition de l’homme et les assises de l’Etat », pouvait écrire le Général de Gaulle en conclusion du chapitre consacré à la justice dans ses « Mémoires d’Espoir ».
C’est bien un choix politique, et, il est majeur pour le crédit de tout notre système pénal !
Le suicide d’une jeune magistrate, dont ses collègues évoquent la souffrance au travail, est le déclencheur d’une réaction de grande ampleur au sein du corps judiciaire, traduite par la signature en masse, inusitée, d’une pétition dénonçant, notamment, des conditions de travail dégradées, le manque chronique de moyens et la pression de gestionnaires obsédés d’affichage statistique.
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