La décision rendue, le 19 juin dernier, par le Conseil Constitutionnel sur la loi « visant à renforcer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents », a, hélas sans surprise, passé à la broyeuse l’essentiel des dispositions qui tendaient -et pourtant, avec beaucoup de prudence et de timidité-, à renforcer la réponse pénale à l’égard des mineurs.
Le ministre de la Justice, dans une épitre adressée aux magistrats et agents de son département, annonce tout en programme de réformes, en prévenant d’emblée, qu’il ne s’agit pas d’un énième « grand plan »…
Cependant, quand bien même il éviterait l’enflure verbale coutumière à l’exercice qui a ridiculisé tant de ses prédécesseurs, dont les montagnes sémantiques n’ont guère accouché que de modestes souris, il s’agit bien de mesures d’importance -dont certaines plutôt bienvenues mais dont la faisabilité concrète reste à démontrer…
Qu’elles soient liées à un extrémisme idéologique anti-carcéral ou à un gangstérisme de grande envergure (l’un n’étant pas exclusif de l’autre…), les agressions commises ces derniers jours contre des établissements pénitentiaires ou leurs agents, comme les menaces proférées à leur encontre, signent une intolérable escalade dans le défi à la justice et à la puissance publique.
Page 2 sur 57